9 questions à Aala, serial PVTiste au Japon

Nous avons rencontré Aala pour la première fois l’année dernière lors d’une rencontre franco-japonaise qu’il organisait à Tokyo. Il en est déjà à son 3è PVT, dans 3 pays différents ! Depuis 2011 il vit et travaille à Tokyo, mais il vous racontera cela mieux que nous. Allez Aala, c’est à toi !

Salut Aala, peux-tu te présenter aux lecteurs ? Qui es-tu ? Quel est ton parcours ?

Pour faire simple, je m’appelle Aala, 29 ans, français d’origine tunisienne. J’ai vécu en France et fais mes études sur place. A la fin de ces dernières, j’ai décidé de partir pour un mini tour du monde d’une année. C’était en Novembre 2009. Au programme : Londres, Hong-Kong, Macau, Australie (6 mois en PVT), Nouvelle-Zélande, Canada (6 mois en PVT), USA.

Aala est ses amis

Mais en cours de route, mon plan a changé et je me suis retrouvé à passer une année au Canada, puis 2 mois aux USA et une semaine au Mexique, avant de m’embarquer pour le pays du soleil levant, afin d’y réaliser un PVT Japon d’une année.

Je suis donc arrivé au Japon le 6 mai 2011, peu de temps après le grand tremblement de terre du 11 mars 2011. Au programme je devais passer une année sur place, et cela fait maintenant 2 ans que je suis ici, à Tokyo.

Pourquoi ? Parce que j’ai décidé de voyager selon mes envies, de prendre mon temps et de suivre mon instinct, plus tôt que de me mettre des programme fixé et préétablis.

Qu’est-ce qui te plait tant chez le visa PVT ?

C’est la durée et les conditions. Ce que beaucoup de personnes pensent, quand on leur dit « PVT », c’est que c’est un visa de travail d’un an. Mais ces personnes ce se trompent. C’est un visa de voyage d’une année qui permet de travailler, de temps à autre, afin de subvenir aux coûts de ce voyage.

Quand on voyage, le budget est souvent le gros souci. On ne va pas se leurrer, nous ne sommes pas riches et on doit faire avec les moyens du bord. L’avantage du PVT c’est que c’est un excellent moyen de remplir un peu le portefeuille pour prolonger la route un peu plus longtemps.

Aala est ses amis

Et puis, j’ai remarqué que voyager dans un pays sur une courte durée ne permet pas de le découvrir réellement. Il faut au minimum 6 mois pour commencer à s’imprégner de la culture locale. Je dis bien 6 mois pour commencer. En clair le PVT est un excellent outil pour pouvoir voyager plus et mieux découvrir des pays qui ne nous sont pas familiers.

Après 3 PVT, dans quel pays as-tu préféré travailler ?

Grande question en soit. Je ne pense pas que j’en ai un préféré en termes de travail. Les conditions y sont différentes, les emplois aussi, mais les expériences sont toutes bénéfiques.

En Australie, vu que je ne parlais pas anglais en arrivant sur place, j’ai fais de la cueillette de fruits (cerises, pommes, raisins, pêche), de l’empaquetage de pommes terre en usine et de la collecte de fond pour des associations.
Au Canada, mon anglais s’étant sensiblement amélioré, j’ai travaillé dans un supermarché au rayon traiteur (service à la clientèle) et dans un magasin du type Galeries Lafayette, au rayon hommes.

Au Japon, j’ai travaillé à mon compte en lançant mes propres business. Je suis professeur de français à mon compte, j’ai organisé des événements internationaux (destinés à permettre aux étrangers et japonais de se rencontrer) et je suis devenu blogueur voyage avec mon blog sur le Japon : Un Gaijin au Japon. Il m’est aussi arrivé de travailler, de manière ponctuelle pour des entreprises : French Chat Host (donner des cours de conversations en français au Japon), accompagnateur pour enfants au Lycée franco-japonais, baby-sitter, …

En clair, j’aime bien essayer de nouvelles expériences et me lancer de nouveaux défis dans le monde du travail. Voyager en travaillant c’est assez amusant parce que l’on fait des boulots que l’on ne ferait pas nécessairement dans son pays d’origine. Et puis surtout, ce que j’aime là-dedans, c’est le fait de pouvoir réellement s’immerger dans la culture locale et ainsi découvrir le quotidien des gens sur place.

Cette année tu vis donc au Japon en PVT. Quelles furent tes démarches administratives ? Est-ce simple d’obtenir un PVT au Japon ?

En fait j’ai finis mon PVT Japon en Mai 2012 et je suis revenus à Tokyo avec un visa étudiant pour 2 ans afin d’apprendre le japonais.

Obtenir un PVT Japon n’est vraiment pas difficile si l’on prépare bien son dossier. Pour tous les PVTl’obtention est assez facile en soit. Il suffit, en général, de montrer que l’on a un projet sérieux et tout va tout seul.
Pour le Japon, il faut se rendre à l’ambassade, ou consulat, du Japon, déposer un dossier composé d’un programme détaillé du voyage, d’une lettre de motivation, d’un CV, d’un relevé de compte bancaire montrant le minimum requis (environ 4500 euros) et d’un certificat médical. Le PVT est attribué directement et est délivré sous 3 jours. Très facile en soit, et les quotas annuel ne sont pas atteints.

Pourquoi as-tu décidé d’apprendre le Japonais ? C’était déjà l’un de tes projets avant d’arriver au Japon ?

Lorsque j’ai commencé mon tour du monde en Novembre 2009, mon objectif était d’apprendre l’anglais, langue que je ne parlais pas du tout à l’époque. Et puis, en Octobre 2010, je commençais à me chercher un nouveau challenge, un nouveau défi. J’ai, à ce moment-là, découvert l’existence du PVT Japon. Je me suis donc dis BINGO !!!

J’ai décidé d’aller passer un an au Japon, sans parler le japonais, avec pour but de réussir à vivre dans ce pays dans ces conditions. Et j’y suis arrivé. Mais à la fin de cette première année sur place, je me suis rendu compte que j’étais frustré : frustré de ne pas avoir pu réellement découvrir le Japon, car je ne parlais pas la langue.

Il est très facile de vivre à Tokyo sans parler japonais, mais on passe à côté d’énormément de choses. J’ai donc décidé de revenir au Japon pour apprendre la langue et ainsi pouvoir découvrir un peu mieux ce pays si intriguant et totalement différent des autres.

Mais comme j’aime beaucoup les défis, j’avais besoin d’un challenge bien plus important que cela. Juste apprendre une langue était devenu un peu banal en soit. Il me fallait quelque chose de plus « grand », de plus tentant et excitant. Et en Octobre 2011, j’ai découvert qu’un homme venait de finir le tour du monde à pieds. C’est là que j’ai eu le déclic, l’étincelle, les yeux qui pétillent, …. Je savais ce que je voulais faire comme prochain challenge : faire le tour du Japon à pieds.

Je suis donc revenu à Tokyo, en juillet 2012, avec un visa étudiant de 2 ans. Objectif : apprendre le japonais pendant ces 2 années et, le 1er janvier 2015, partir du point le plus au Sud du Japon pour remonter au point le plus au Nord, et ensuite redescendre au point le plus au Sud, en passant par toutes les régions de l’archipel. Bien sûr, le tout à pieds. Périple qui devrait me prendre un peu plus d’une année.

Comment se passent tes études de japonais ? Combien cela te coûte de l’étudier au Japon ?

Je dirais qu’elles se passent plutôt bien en soit. Ce n’est pas toujours facile parce que le japonais est une langue totalement différente, mais ça va, c’est intéressant. Je suis capable de parler avec les gens, ‘échanger sur des sujets basiques (toujours en utilisant des gestes avec mes mains). Le plus dur est le fait que les cours soient en intensif (3H00 par jour + beaucoup de devoirs à la maison et de tests).
Etudier le japonais au Japon coûte environ 50 000 Yen par mois (environ 400 euros) pour des cours intensif. Cela est valable pour les cours en visa PVT ou visa touriste. Pour le visa étudiant il faut compter entre 600 000 et 700 000 Yen l’année (entre 4 700 et 5 500 euros l’année).

Mais avant de regarder le prix et de se dire que c’est cher, il faut penser au fait que l’apprendre ici permet d’être dans un environnement 100% japonais, ce qui facilite la progression.

Tokyo est l’une des villes les plus chères au monde. Quelles-sont tes sources de revenus ?

Cela me fait sourire quand je vois des articles et des études comme cela. Oui Tokyo est une ville extrêmement chère en soit, si l’on regarde que les prix. Mais il faut les ramener aux revenus dont dispose les habitants pour avoir un véritable aperçu de la chose.

Il est clair que si tu prends un tunisien qui gagne 200 euros par mois et que tu lui dis de venir à Tokyo il va te dire que la ville est extrêmement chère pour lui. Maintenant quand tu prends les revenus des tokyoïtes, tu verras que ce n’est que relativement cher. Le salaire moyen est supérieur à 200 000 yen par mois (pour faire simple disons 2000 euros). Donc la cherté est un élément relatif, lorsque l’on vit ici.

Maintenant, pour un touriste lambda, Tokyo est une ville très chère car le coût des choses est bien plus élevé par rapport à ses revenus dans son pays d’origine. Un français, qui va gagner un salaire moyen de 1500 euros, va te dire que Tokyo est excessivement chère, lors de son séjour su place, car ses revenus seront des revenus de français et non pas de tokyoïtes, dont pas adaptés au coût de la vie sur place.

Pour ma part, j’ai plusieurs sources de revenus, qui cumulées me permettent de vivre une vie normale à Tokyo. Je dispose de mes revenus de professeur de français à Tokyo, de French Chat Host et des quelques revenus que j’ai via mon blog sur le Japon. Le tout me permet d’avoir des revenus un peu supérieur à la moyenne tokyoïte.

Tu sembles avoir la bougeotte. Profites-tu de ton PVT pour voyager au Japon ?

Oui j’en profite. Dès que j’ai un peu de temps de libre je « bouge » à droite ou à gauche (Kyoto, Osaka, Fuji, Ozé, Kamaishi, Ashiomachi, …). En plus, depuis un an environ, les compagnies aériennes sont venues s’installer au Japon et on peut, enfin, bénéficier de billets d’avions pas cher, ce qui est un plus pour nous voyageur.
Mais j’essaye quand même de ne pas « trop » découvrir afin de réserver cela pour mon prochain périple au Japon à pieds.

Comment vis-tu tes retours en France ?

Le premier mot qui me vient à l’esprit, pour répondre à cette question, c’est « MAL ». Cela fait plus de 3 ans que je suis partis, donc il y a ce phénomène de « l’impatrié » qui fait que lorsque je rentre en France je vois que tout le monde a suivis son bonhomme de chemin. Mais ce n’est pas ce qui me fait le plus « mal », loin de là.

Ce qui me fait le plus mal, c’est le traitement qui nous est réservé en France. En Mai 2012, je suis rentré et en même pas un mois j’ai eu le droit à 3 contrôle d’identités avec fouilles au corps assez humiliantes, en plein public, alors que cela ne m’est jamais arrivé à l’étranger. Dans mon propre pays vivre une expérience de la sorte me choque et me désole.

Mais aussi, mes retours me font mal, parce que je vois la France qui se fait du mal à elle-même. Il s’agit là de l’un des plus beaux pays au monde (en terme de culture, d’Histoire, de paysages, …) et je la vois, quand je reviens, qui me donne l’impression de régresser au lieu d’avancer. C’est dommage, je me dis que c’est du gâchis, avec autant de richesses.

Mais bon, pour finir quand même sur une note plus souriante, rentrer en France permet quand même de se rendre compte de ce que l’on a et que d’autres n’ont pas : bonne nourriture, bon système de santé, bonne éducation, … Même si tout n’est pas parfait on l’a quand même.

Merci Aala et bonne continuation !

Découvrez le blog d’Aala, Un Gaijin au Japon

 Crédit photo : Aala

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